Caroline Charrière
Caroline Charrière

›Anima mea

Anima mea, pour 8 voix et orgue a été créée le 12 septembre au Festival de Lucerne. Cette pièce est une commande de l’Association des musiciens suisses. J’ai choisi un court extrait d’un psaume de Saint-François d’Assise qui parle de l’âme.

Je suis fascinée par la notion, par l’expérience de l’âme.
Je travaille autour de ce thème depuis de nombreuses années. Le transposer en musique me semble naturel, tant la musique peut exprimer tout ce qui est de l’ordre de l’ineffable, de l’indicible, de l’aspiration, de l’infini.

Au début de la pièce, ce sont les voix féminines et l’orgue qui se déploient ; l’âme est présente, libre.
Puis on entend les voix masculines, sur le souffle (une des racines du mot « âme » vient du latin anima, « le souffle vital »). L’orgue aussi se manifeste quelques fois en ne produisant que du souffle.
Alors survient l’épreuve, qui « tord » la personne, l’ébranle dans ses fondements ; la chair est meurtrie, les émotions, les sentiments bouleversés, le désespoir et l’angoisse montent jusqu’au paroxysme, la folie rôde… Puis, le silence… et enfin le souffle, à nouveau, l’âme est toujours là, intacte, pure, inaltérable, malgré tout ce qui s’est passé.
C’est alors un sentiment à la fois de paix immense et de jubilation.
Les voix étalent de larges plages d’accords alors que l’orgue tourbillonne et scintille au-dessus d’elles. J’aime l’idée d’associer celui qui parlait aux oiseaux avec l’image de l’âme volant et pépiant comme un pinson...

Voici les quelques mots tirés du psaume de Saint-François d’Assise : « in te confidit anima mea », « je te confie mon âme » et « umbra », « l’ombre ».

jeudi 7 janvier 2010.

retour